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Bonjour,

🎧 Je suis compositeur, producteur et éditeur de mes musiques.
Piano, percussions, n'goni, balafon et kora, je propose des styles très variés, allant de la musique africaine à la valse, en passant par les ballades au piano. Je suis équipé pour réaliser des enregistrements de qualité professionnelle.

Instrumentales, mes compositions sont destinées à servir de support à l'image.

Sur le site musiquenvrac, vous avez un échantillon de mes productions, vous pouvez les télécharger pour écoute. Afin d'en prendre connaissance sans restrictions, elles sont placées sous une licence Creative Commons, qui autorise leur copie dans un strict cadre familial. Toutes les musiques de ce site sont destinées à une exploitation commerciale. La clause «nc» de la licence ne sert qu'à les protéger d'une utilisation abusive. Les licences Creative Commons n'étant pas exclusives, une exploitation commerciale pourra se faire sous un autre mode, obligatoirement avec l'accord de l'auteur.
Artiste interprète, je suis bénéficiaire des droits voisins dans le cas d'une diffusion commerciale.
Toutes les musiques et partitions sont protégées, mais elles ne sont pas déposées auprès d'un organisme de gestion des droits.

🎧 Pierre Ponthus

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Mes musiques ont une histoire

De la matière
à l'enregistrement

Rencontre avec le n'goni

Une rencontre avec le n'goni, harpe cordophone africaine à chevalet, ne peut nous laisser indifférent; elle nous plonge au cœur de l'Afrique profonde. Fait d'une calebasse, de bambou, de peau de chèvre et décoré de gris gris, le n'goni est joué en Afrique par les Dozos, les chasseurs traditionnels détenteurs de pouvoirs magiques où se mêlent la sorcellerie, les plantes médicinales, les chants, la danse et des rites secrets... Le n'goni est rustique, il peut être fabriqué avec un couteau et sa forme finale n'est pas critique. Ce que vous allez découvrir ici, c'est l'histoire de ma rencontre avec cet instrument, sa fabrication et son introduction dans l'enregistrement d'une de mes compositions.

N'goni dans l'herbe

Lors de mon premier séjour en Afrique, immergé dans le milieu des joueurs de jembé, je suis entré en contact avec le n'goni. Des Dozos, dépositaires de cet instrument, gravitaient autour de nous et un jour, j'ai entendu pour la première fois en direct le son du n'goni. Le contact avec l'instrument s'est fait sans les filtres que l'on rencontre habituellement avec la musique africaine. Ici, pas d'ingé son, pas de mastering, pas d'image édulcorée devant un superbe cocotier. Un son brut, sorti tout droit d'une calebasse et de cordes de pêche en nylon est venu frapper mes oreilles. Quand au Dozo qui jouait et chantait sur cet instrument, sa voix éraillée par la fréquentation assidue de quelque cabaret et le jeu de son n'goni désaccordé ont chassé de mes oreilles la word music qui suinte sur les ondes en Occident. Il n'y avait pas de doute sur l'authenticité de la rencontre.

Construction de l'instrument

N'goni pour enfant

Tout naturellement, j'ai voulu construire un n'goni car en Afrique, personne n'en achète un. La rusticité apparente de l'instrument, monté avec des matériaux disponibles sur place et quasiment gratuitement, ne pouvait que conforter mon envie. Aussi surprenant que cela puisse paraître, imaginer la construction d'un n'goni pour la première fois place dans l'embarras les occidentaux. L'instrument est pourtant très rustique mais c'est justement son manque de symétrie et la difformité des éléments le constituant qui nous déroutent. On imagine tout un ensemble de calculs savants pour ajuster le manche, réaliser le trou de sortie du son dans la calebasse, poser la peau ou ajuster les barres de tension. Alors qu'il n'y a rien de plus aléatoire dans la construction d'un n'goni. Aucune dimension, en restant dans des proportions raisonnables, n'a une importance primordiale. C'est peut-être justement cette absence de précision et cette forme venue d'un autre temps qui nous déroute. Heureusement, mes amis joueurs de jembé m'ont aidé à construire mon premier n'goni. Ce n'est qu'une année plus tard que je décidais d'en construire un, seul, y ajoutant à l'occasion des mécaniques de tension et quelques consolidations que n'avait pas la première réalisation. Je l'ai construit en Europe, ayant rapporté d'Afrique le principal constituant, la calebasse, parfois difficile à trouver dans nos contrées. Sur le site cliniquenjembe, une page entière est consacrée à la construction d'un n'goni. Il y a là tous les détails permettant une réalisation proche de celle que l'on pourrait engager en Afrique, c'est à dire avec très peu de moyens matériels et financiers. Les modèles présents sur les photos sont tous équipés de mécaniques de guitare, sauf un, qui a été réalisé pour un enfant. Sa construction est cependant similaire en tous points à celle d'un gros n'goni traditionnel, excepté les cordes attachées au manche avec le fameux nœud de Dozos.

Enregistrement
Autre n'goni

Après quelques années de pratique du n'goni, je me suis décidé à enregistrer la rythmique qui servira de trame à l'une de mes compositions. Goni, puisque c'est son titre, est structuré autour d'une rythmique répétitive jouée par mes soins sur cet instrument; la clave est jouée au pied, avec une pédale de caisse claire modifiée. Dans le début du morceau, un bâton de pluie est venu s'ajouter; il s'agit aussi une construction personnelle. N'goni, bâton de pluie et clave sont enregistrés en acoustique. Après quelques mesures, un riff au synthétiseur apparaît. Ce riff complète la rythmique originale et c'est sur cette trame que va s'insérer la mélodie. Là aussi, il s'agit d'une flûte au synthétiseur, en improvisation. Il n'y a volontairement pas de percussions sur ce titre.

Pierre Ponthus

Naissance de Sève montante

Sèves le long des branches

Sève montante est une balade au piano que j'ai composée en improvisation lors d'une prestation. Par bonheur, un enregistreur de poche était posé sur le piano; je n'ai eu juste qu'à appuyer sur le bouton d'enregistrement. Je garde précieusement ce premier jet, malgré le son de qualité médiocre, entaché de bruits et bien sûr pas finalisé. La base du morceau était pourtant là, main gauche en accompagnement et mélodie principale à la main droite. Par la suite, j'ai allongé le morceau et corrigé les quelques notes les moins heureuses. L'ensemble a toujours été réalisé en improvisation dans un premier temps. Ce n'est qu'au moment de la finalisation du morceau que j'ai choisi les parties les plus intéressantes parmi les longues séquences d'improvisation enregistrées.

Interprétation

Partition Sève montante

La main gauche ne présente pas de difficultés, elle se répète immuablement tout le long du morceau, sur quatre mesures à 6/8. La mélodie de la main droite ne pose pas non plus de problèmes techniques. La difficulté de l'interprétation se situe au moment de jouer les deux parties ensemble. Il y a une petite indépendance à appliquer et il faut la faire vivre musicalement. Jouer d'une façon mécanique, avec une main droite qui tomberait juste sur les notes de la main gauche ne mettrait pas le morceau en valeur. Il faut faire chanter la mélodie. Le titre "Sève montante" indique bien qu'il faut faire monter la sève tout au long de l'exécution.

Piano virtuel, piano réel
Piano numérique

Sève montante a été enregistrée sur un piano virtuel, avec un clavier Midi au toucher lourd. N'empêche, je souhaiterais refaire l'enregistrement sur un vrai piano, avec des microphones, et donner un interprétation plus naturelle. Le fait de savoir qu'avec un instrument virtuel on va recommencer des dizaines de fois, sans conséquences, n'a pas le même effet que la tension induite lors d'un enregistrement acoustique, qui ne pardonne pas. Dans ces conditions, on ne pourra recommencer l'enregistrement pendant des jours entiers. Et dans un studio commercial, c'est la montre qui tourne et le carnet de chèque qui attend. À la maison, on a plus de temps et les heures ne sont pas comptées, mais il faut disposer d'un très bon piano, des microphones adéquats et d'une salle isolée des bruits ambiants. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut réunir ces conditions chez soi, raison pour laquelle on se tourne souvent vers les instruments virtuels. Lorsqu'on fait ce choix, on dispose de dizaines d'essais dont on ne sait plus quoi faire. Il y en a toujours un qui est meilleur, mais qui renferme un petit défaut.

Pierre Ponthus

Trois temps quatre

Partition Trois temps quatre

Synonyme d'une époque supposée ringarde, la valse n'est plus dans l'air du temps. Composer et enregistrer une valse à l'époque de la techno, du tout binaire et des borborygmes hurlés est peu porteur, comme diront certains. Pourtant, la valse, qui est aussi une danse, résiste au diktat culturel ambiant. Les injonctions à aimer coûte que coûte les musiques qui blessent nos oreilles n'ont pas encore eu raison du 3/4 et ses déclinaisons. C'est un grand bonheur, car la valse revient de loin.

Se faire connaître

Bal du 18 ème siècle

Il me restait à oser composer et enregistrer une valse, afin de marquer la présence de cette danse dans mon répertoire, fut-elle discrète. Heureusement, il existe un lieu, le net, où aucun producteur, éditeur, programmateur de radio ou sous-fifre ne peut nous empêcher de proposer nos productions au public. Un artiste qui voit les portes se fermer devant lui sera très content d'avoir enfin une audience sur son site ou sur un service de musiques en streaming, même modeste. Les productions personnelles explosent, elles enrichissent peu souvent leurs auteurs mais la satisfaction de ne voir aucun intermédiaire s'immiscer dans la chaîne de production, et de toucher des droits au passage, n'a pas de prix. Sans compter les licences libres ou Creative Commons qui permettent de s'affranchir de la lourdeur de la SACEM.

À tous ceux qui ne savent pas ce qu'est du 3/4, je dédie ce titre en trois temps deux mouvements.

Réalisation musicale

Trois temps quatre n'est pas enregistré en acoustique. Tout a été réalisé en MAO, sur des instruments virtuels. Une rythmique au piano sous-jacente se fait discrète, mais ce sont les violoncelles qui dominent, y compris sous forme de riffs d'accompagnent. Comme on peut l'entendre, aucune batterie n'est présente, seule une clave apparaît à la reprise du couplet. Instrumentale dans sa forme actuelle, cette valse peut être chantée sans problème.

Show me

Reaper séquenseur

Show me tranche nettement par rapport la plupart des autres titres présentés jusqu'ici. Pas de sons acoustiques ou d'instruments traditionnels, seulement des sons électroniques. Cette excursion dans ce style permet de confirmer la diversité de mon travail. Show me

M-A-O

Équaliseur trois bandes

Les compositeurs ne sont pas des techniciens du mixage ou de l'enregistrement, même si nombre d'entre eux s'en sortent très bien. Notre métier, c'est de composer, mais, par la force des choses, nous avons été obligés de nous familiariser avec les outils numériques qui dominent maintenant la scène musicale, particulièrement dans l'enregistrement personnel. Ce dont les plus anciens d'entre nous rêvaient, avoir son studio d'enregistrement de qualité professionnelle à la maison, est aujourd'hui à portée de bourse. À condition de ne travailler que sur les sons électroniques, les enregistrements effectués aujourd'hui à la maison n'ont plus rien à envier aux studios du commerce. Cependant, cette indépendance se paie d'une exigence de double compétence - compositeur et technicien d'enregistrement/mixage.

Pour autant, nous ne sommes pas dupes. Mis à part un petit nombre qui produisent dans leur "studio à la maison" des bandes d'un niveau professionnel, pour de nombreux autres, le résultat est un peu en-dessous. Beaucoup d'entre nous en ont parfaitement conscience, mais la part des choses est rapidement faite. L'époque héroïque de l'enregistrement analogique était, pour nous compositeurs, la terreur. Quoi que l'on fasse, nos bandes sonnaient toujours très loin de celles des studios commerciaux. Et les nombreux intermédiaires obligés nous le faisaient savoir irrémédiablement, trouvant là une excuse facile pour refuser toute composition qui ne leur plaisait pas. Des centaines de milliers, pour ne pas dire des millions, de compositeurs n'ont, de par cette contrainte, jamais été en mesure de faire connaître un tant soit peu leur production. Sans les soutiens d'un éditeur, d'un producteur et d'une maison de disques, la barrière était dressée, infranchissable. Les temps ont changé. Un compositeur isolé et travaillant dans son propre studio en MAO peut aujourd'hui faire connaître des productions de qualité, grâce au net. Le succès est loin d'être garanti, le talent est toujours nécessaire, mais pour nombre d'entre nous, c'en est terminé des intermédiaires véreux, souvent artistes refoulés, véritables chiens de garde et décideurs de ce qui doit être écouté ou pas par le public.

Autre particularité, notre studio d'enregistrement est à la maison, à portée de main, gratuit, si ce n'est la consommation électrique de nos appareils. La conséquence directe, c'est qu'il nous devient difficile de décider à quel moment un produit est fini. Tant qu'une composition n'est pas vendue, on peut toujours la retravailler. Il suffit d'allumer l'ordinateur; pas besoin de convoquer des musiciens ou de louer très cher un studio professionnel. Ajouté au fait que nous ne sommes, pour la majorité d'entre nous, pas des professionnels du mixage rompus à des résultats rapides, il est tentant de laisser un titre sur le métier de longues semaines.
Pour ma part, quand un mixage est écoutable, je décide assez rapidement de le déposer sur mon site personnel. C'est le meilleur moyen de confronter mon travail à l'écoute des autres, et de le corriger éventuellement par la suite.

Bientôt, la suite des aventures musicales sur cette page, l'histoire de Bala, Valse d'automne, et d'autres qui vont venir...

Pierre Ponthus